Le lieu-dit La Maladrerie
S’il ne reste aujourd’hui plus rien du bâtiment d’origine, il retrace 𝐥𝐚 𝐥𝐨𝐧𝐠𝐮𝐞 𝐡𝐢𝐬𝐭𝐨𝐢𝐫𝐞 𝐝𝐮 𝐛𝐚𝐬 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐜𝐨𝐦𝐦𝐮𝐧𝐞 𝐝’𝐀𝐮𝐭𝐫𝐞𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞.
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🎈𝐎Ù 𝐒𝐄 𝐓𝐑𝐎𝐔𝐕𝐀𝐈𝐓 𝐋𝐀 𝐌𝐀𝐋𝐀𝐃𝐑𝐄𝐑𝐈𝐄 ?
Le lieu-dit 𝐋𝐚 𝐌𝐚𝐥𝐚𝐝𝐫𝐞𝐫𝐢𝐞 est situé à l’angle actuel 𝐞𝐧𝐭𝐫𝐞 𝐥𝐚 𝐫𝐮𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐑é𝐩𝐮𝐛𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐫𝐮𝐞 𝐀𝐧𝐧 𝐌𝐨𝐫𝐠𝐚𝐧 et comprend notamment 𝐥’é𝐜𝐨𝐥𝐞 𝐑𝐚𝐲𝐦𝐨𝐧𝐝 𝐓𝐚𝐯𝐞𝐫𝐧𝐢𝐞𝐫, 𝐥’𝐚𝐧𝐜𝐢𝐞𝐧 𝐏𝐫𝐨𝐦𝐨𝐬𝐭𝐨𝐜𝐤 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐦𝐚𝐢𝐬𝐨𝐧𝐬 𝐬𝐢𝐭𝐮é𝐞𝐬 𝐞𝐧 𝐚𝐫𝐫𝐢è𝐫𝐞 𝐚𝐢𝐧𝐬𝐢 𝐪𝐮’𝐞𝐧 𝐛𝐚𝐬 𝐝𝐮 𝐕𝐞𝐫𝐭 𝐏𝐫é.
Il tient son nom 𝐝’𝐮𝐧 𝐡𝐨𝐬𝐩𝐢𝐜𝐞 𝐝𝐞𝐬𝐭𝐢𝐧é 𝐚𝐮𝐱 𝐥é𝐩𝐫𝐞𝐮𝐱 et appelé pour cela 𝐌𝐚𝐥𝐚𝐝𝐫𝐞𝐫𝐢𝐞, 𝐋𝐚𝐝𝐫𝐞𝐫𝐢𝐞 𝐨𝐮 𝐋é𝐩𝐫𝐨𝐬𝐞𝐫𝐢𝐞 𝐒𝐚𝐢𝐧𝐭-𝐋𝐚𝐳𝐚𝐫𝐞 𝐨𝐮 𝐒𝐚𝐢𝐧𝐭-𝐋𝐚𝐝𝐫𝐞, du nom du patron des lépreux.
⌛La léproserie fut fondée 𝐚𝐯𝐚𝐧𝐭 𝐥𝐞 𝐗𝐈𝐈𝐞 𝐬𝐢è𝐜𝐥𝐞, vraisemblablement par 𝐑𝐞𝐧𝐚𝐮𝐝, 𝐜𝐡â𝐭𝐞𝐥𝐚𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐂𝐨𝐮𝐜𝐲 (𝟏𝟏𝟔𝟕 – 𝟏𝟐𝟐𝟔) qui avait 𝐒𝐢𝐧𝐜𝐞𝐧𝐲 (𝐞𝐭 𝐝𝐨𝐧𝐜 𝐚𝐮𝐬𝐬𝐢 𝐀𝐮𝐭𝐫𝐞𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞) 𝐞𝐧 𝐝𝐨𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞, à laquelle il donna 𝐥𝐞 𝐛𝐨𝐢𝐬 𝐝𝐞 𝐅𝐨𝐫𝐞𝐬𝐭𝐞𝐥𝐥𝐞, situé juste en face.
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🧥𝐋𝐀 𝐕𝐈𝐄 𝐃𝐄𝐒 𝐋É𝐏𝐑𝐄𝐔𝐗
A leur entrée dans la maison, on imposait aux lépreux 𝐥𝐞 𝐜𝐨𝐬𝐭𝐮𝐦𝐞 𝐝𝐞𝐬 𝐋𝐚𝐝𝐫𝐞𝐬 : 𝐮𝐧𝐞 𝐥𝐨𝐧𝐠𝐮𝐞 𝐫𝐨𝐛𝐞 𝐞𝐭 𝐝𝐞𝐬 𝐜𝐥𝐢𝐪𝐮𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬 qu’ils devaient agiter quand ils rencontraient un voyageur.
⛪𝐔𝐧 𝐩𝐫ê𝐭𝐫𝐞, 𝐮𝐧 𝐦é𝐝𝐞𝐜𝐢𝐧, 𝐝𝐞𝐬 𝐠𝐚𝐫𝐝𝐢𝐞𝐧𝐬 𝐞𝐭 𝐮𝐧 𝐫𝐞𝐜𝐞𝐯𝐞𝐮𝐫, 𝐭𝐨𝐮𝐬 𝐝𝐞 𝐂𝐡𝐚𝐮𝐧𝐲, étaient attachés à cette maladrerie.
🌳Des terres lui furent données, à l’emplacement actuel de 𝐥𝐚 𝐫𝐮𝐞 𝐝𝐮 𝐕𝐞𝐫𝐭 𝐏𝐫é, qui s’appelaient jadis 𝐓𝐞𝐫𝐫𝐞𝐬 𝐝𝐞 𝐒𝐚𝐢𝐧𝐭-𝐋𝐚𝐳𝐚𝐫𝐞, 𝐨𝐮 𝐝𝐞 𝐒𝐚𝐢𝐧𝐭-𝐋𝐚𝐝𝐫𝐞.
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📖𝐔𝐍 𝐓É𝐌𝐎𝐈𝐆𝐍𝐀𝐆𝐄 𝐀𝐍𝐂𝐈𝐄𝐍
Dans son Histoire populaire de Chauny et de ses environs, l’abbé Caron nous donne une description ancienne de l’ensemble :
💬 « Le clos Saint-Ladre, tenant d’une lizière au midy au chemin de l’Aventure, d’autre et d’un bout d’occident de Sinceny-Autreville et d’autre bout d’orient au grand chemin de Chauny à Coucy, contenait 33 setiers, 8 verges, y compris la chapelle, les logettes, les puits, les fossés et hayes. »
🔎𝐌𝐚𝐢𝐬 𝐪𝐮𝐞 𝐬𝐢𝐠𝐧𝐢𝐟𝐢𝐞 𝐜𝐞𝐭𝐭𝐞 𝐝𝐞𝐬𝐜𝐫𝐢𝐩𝐭𝐢𝐨𝐧 ?
En termes plus simples, l’abbé Caron décrit ici 𝐥𝐞𝐬 𝐥𝐢𝐦𝐢𝐭𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐚 𝐬𝐮𝐩𝐞𝐫𝐟𝐢𝐜𝐢𝐞 𝐝𝐮 𝐝𝐨𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐌𝐚𝐥𝐚𝐝𝐫𝐞𝐫𝐢𝐞.
🧭Le « clos Saint-Ladre » était bordé 𝐚𝐮 𝐬𝐮𝐝 𝐩𝐚𝐫 𝐥𝐞 𝐜𝐡𝐞𝐦𝐢𝐧 𝐝𝐞 𝐥’𝐀𝐯𝐞𝐧𝐭𝐮𝐫𝐞, à l’ouest par 𝐒𝐢𝐧𝐜𝐞𝐧𝐲-𝐀𝐮𝐭𝐫𝐞𝐯𝐢𝐥𝐥𝐞 et à l’est par 𝐥𝐞 𝐠𝐫𝐚𝐧𝐝 𝐜𝐡𝐞𝐦𝐢𝐧 𝐫𝐞𝐥𝐢𝐚𝐧𝐭 𝐂𝐡𝐚𝐮𝐧𝐲 à 𝐂𝐨𝐮𝐜𝐲.
📏Il indique également que l’ensemble mesurait 𝟑𝟑 𝐬𝐞𝐭𝐢𝐞𝐫𝐬 𝐞𝐭 𝟖 𝐯𝐞𝐫𝐠𝐞𝐬, 𝐝𝐞𝐬 𝐚𝐧𝐜𝐢𝐞𝐧𝐧𝐞𝐬 𝐮𝐧𝐢𝐭é𝐬 𝐝𝐞 𝐦𝐞𝐬𝐮𝐫𝐞 utilisées autrefois pour évaluer les terres. La superficie exacte pouvait varier selon les lieux et les époques.
🏡Et cette surface ne correspondait pas uniquement aux terres : elle comprenait également 𝐥𝐚 𝐜𝐡𝐚𝐩𝐞𝐥𝐥𝐞, 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐞𝐭𝐢𝐭𝐞𝐬 𝐡𝐚𝐛𝐢𝐭𝐚𝐭𝐢𝐨𝐧𝐬 (« 𝐥𝐨𝐠𝐞𝐭𝐭𝐞𝐬 »), 𝐥𝐞𝐬 𝐩𝐮𝐢𝐭𝐬, 𝐥𝐞𝐬 𝐟𝐨𝐬𝐬é𝐬 𝐞𝐭 𝐥𝐞𝐬 𝐡𝐚𝐢𝐞𝐬 𝐪𝐮𝐢 𝐟𝐚𝐢𝐬𝐚𝐢𝐞𝐧𝐭 𝐩𝐚𝐫𝐭𝐢𝐞 𝐝𝐞 𝐥𝐚 𝐌𝐚𝐥𝐚𝐝𝐫𝐞𝐫𝐢𝐞.
👉Autrement dit, ce passage nous permet d’imaginer 𝐮𝐧 𝐯é𝐫𝐢𝐭𝐚𝐛𝐥𝐞 𝐩𝐞𝐭𝐢𝐭 𝐝𝐨𝐦𝐚𝐢𝐧𝐞, organisé autour de la léproserie, 𝐚𝐯𝐞𝐜 𝐬𝐞𝐬 𝐛â𝐭𝐢𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬, 𝐬𝐞𝐬 𝐭𝐞𝐫𝐫𝐞𝐬 𝐞𝐭 𝐬𝐞𝐬 𝐝𝐢𝐟𝐟é𝐫𝐞𝐧𝐭𝐬 𝐚𝐦é𝐧𝐚𝐠𝐞𝐦𝐞𝐧𝐭𝐬, et situé à l’époque entre les chemins qui structuraient déjà le territoire d’Autreville.
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⌛𝗟𝗔 𝗙𝗜𝗡 𝗗𝗘 𝗟𝗔 𝗠𝗔𝗟𝗔𝗗𝗥𝗘𝗥𝗜𝗘
Au début du 𝗫𝗩𝗜𝗜𝗲 𝘀𝗶è𝗰𝗹𝗲,, il n’y avait plus que 𝟮 𝗹é𝗽𝗿𝗲𝘂𝘅 dans la maison, et elle était complétement abandonnée 𝗲𝗻 𝟭𝟲𝟵𝟱, quand ses revenus ont été réunis à ceux de 𝗹’𝗛ô𝘁𝗲𝗹-𝗗𝗶𝗲𝘂 𝗱𝗲 𝗖𝗵𝗮𝘂𝗻𝘆 en 1695.
🚚𝗟𝗲 𝟭𝟬 𝗺𝗮𝗿𝘀 𝟭𝟳𝟯𝟬, le sieur 𝗣𝗶𝗲𝗿𝗿𝗲 𝗖𝗼𝘂𝗿𝗯𝗼𝗶𝗻 fut chargé de transporter à l’Hôtel-Dieu 𝗹𝗲𝘀 𝗽𝗶𝗲𝗿𝗿𝗲𝘀, 𝘁𝘂𝗶𝗹𝗲𝘀, 𝗯𝗼𝗶𝘀 𝗲𝘁 𝗮𝘂𝘁𝗿𝗲𝘀 𝗺𝗮𝘁é𝗿𝗶𝗮𝘂𝘅 provenant des démolitions de la maladrerie.
😮𝗜𝗹 𝗳𝗮𝗹𝗹𝘂𝘁 𝟯𝟱 𝘃𝗼𝗶𝘁𝘂𝗿𝗲𝘀 !
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🌊𝗟𝗔 𝗠𝗔𝗟𝗔𝗗𝗥𝗘𝗥𝗜𝗘… 𝗠𝗔𝗜𝗦 𝗔𝗨𝗦𝗦𝗜 𝗨𝗡 𝗠𝗢𝗨𝗟𝗜𝗡 !
S’il ne reste donc rien de la maladrerie Saint-Lazare, elle était accompagnée 𝗱𝗲𝗽𝘂𝗶𝘀 𝗹𝗲 𝗠𝗼𝘆𝗲𝗻 𝗔𝗴𝗲 𝗱’𝘂𝗻 𝗺𝗼𝘂𝗹𝗶𝗻 𝗱𝘂 𝗺ê𝗺𝗲 𝗻𝗼𝗺 situé sur un bras de l’Oise, actuellement sur la commune de 𝗦𝗶𝗻𝗰𝗲𝗻𝘆 (pour rappel, à l’époque, 𝗦𝗶𝗻𝗰𝗲𝗻𝘆 𝗲𝘁 𝗔𝘂𝘁𝗿𝗲𝘃𝗶𝗹𝗹𝗲 𝗻𝗲 𝗳𝗼𝗿𝗺𝗮𝗶𝗲𝗻𝘁 𝗾𝘂’𝘂𝗻𝗲 𝘀𝗲𝘂𝗹𝗲 𝗰𝗼𝗺𝗺𝘂𝗻𝗲).
🏭Le moulin devint plus tard 𝘂𝗻𝗲 𝘁𝗼𝗻𝗻𝗲𝗹𝗹𝗲𝗿𝗶𝗲, dont il ne reste plus rien.
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🗺️𝗗𝗘𝗦 𝗧𝗥𝗔𝗖𝗘𝗦 𝗤𝗨𝗜 𝗘𝗫𝗜𝗦𝗧𝗘𝗡𝗧 𝗘𝗡𝗖𝗢𝗥𝗘 𝗔𝗨𝗝𝗢𝗨𝗥𝗗’𝗛𝗨𝗜
Mais la toponymie locale en garde le souvenir :
🌳𝗽𝗮𝗿𝗰 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗟𝗮𝘇𝗮𝗿𝗲 à 𝗦𝗶𝗻𝗰𝗲𝗻𝘆, juste en face de l’actuel Carrefour Market ;
💧𝗰𝗮𝗻𝗮𝗹 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗟𝗮𝘇𝗮𝗿𝗲, creusé depuis l’emplacement de la tonnellerie jusqu’à un coude de l’Oise ;
🌉𝗽𝗼𝗻𝘁 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗟𝗮𝘇𝗮𝗿𝗲, qui enjambe le canal entre Autreville et Chauny ;
🌲ou bien encore 𝗹𝗲 𝗕𝗼𝘀𝗾𝘂𝗲𝘁 𝗦𝗮𝗶𝗻𝘁-𝗟𝗮𝘇𝗮𝗿𝗲.
📍Il est à noter que sur Google Maps, 𝗹’𝗲𝗺𝗽𝗹𝗮𝗰𝗲𝗺𝗲𝗻𝘁 𝗱𝘂 𝗽𝗮𝗿𝗸𝗶𝗻𝗴 𝗱𝗲 𝗣𝗿𝗼𝗺𝗼𝘀𝘁𝗼𝗰𝗸 𝗲𝘀𝘁 𝗱é𝘀𝗶𝗴𝗻é 𝘀𝗼𝘂𝘀 𝗹𝗲 𝗻𝗼𝗺 𝗱𝗲 𝗟𝗮 𝗠𝗮𝗹𝗮𝗱𝗿𝗲𝗿𝗶𝗲-𝗡𝗼𝗿𝗱.
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La Rue Bernard Lefèvre
La rue Bernard Lefèvre mesure un peu plus de 400 mètres de long, et relie Autreville à Sinceny, depuis le cimetière de notre commune jusqu’à la route d’Autreville à Sinceny.
Elle a longtemps été un chemin secondaire, puisqu’elle était appelée Chemin de Sinceny jusqu’à la fin de la Seconde Guerre Mondiale.
📜 On peut toutefois noter que sur le cadastre de 1829, elle est désignée sous le nom de Rue des Vaches.
🏡 Elle a longtemps été très calme, puisque les photos aériennes montrent qu’on n’y trouvait que deux maisons et une ferme (toujours présente aujourd’hui !) isolées jusque dans les années 1980.
🏘️ Toute une rangée de maisons a été construite entre 2006 et 2010, donnant à la rue son aspect actuel.
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🕯️ UNE RUE QUI PORTE LE NOM D’UN HÉROS
Elle doit son nom à un terrible drame qui s’y est déroulé durant la nuit du 30 au 31 août 1944.
👤 Bernard Gaston Emile Lefèvre est né le 30 juillet 1924 à Folembray. Il est le fils d’Auguste Lefèvre, verrier, et de Maria Lefèvre.
🔧 Bernard Lefèvre est devenu mécanicien, toujours à Folembray.
🇫🇷 Un mois seulement après ses 20 ans, et lors des combats pour la libération de la région de Chauny, il fut exécuté sommairement par les Allemands au chemin de Sinceny à Autreville, alors qu’il effectuait une mission dangereuse dans le cadre de la Résistance.
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🎖️ UN JEUNE RÉSISTANT MORT POUR LA FRANCE
Bernard Lefèvre fut homologué FFI (Forces françaises de l’intérieur) et DIR (Déporté et Interné de la Résistance) – suggérant qu’il a dû être capturé et emprisonné avant son exécution – et reconnu « Mort pour la France » à titre militaire, en tant que FFI tué par balle.
🏅 La médaille de la Résistance lui fut attribuée à titre posthume par décret le 17 décembre 1968, ce qui fut inscrit au Journal Officiel le 17 janvier 1969.
🪦 Son nom figure sur le Monument aux Morts de Folembray, mais aussi sur les plaques commémoratives des Michettes, à Champs.
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🕊️ LE SACRIFICE DE DEUX RÉSISTANTS
Il est à noter que son nom y est associé à celui d’Edmond Féron, ouvrier de sucrerie, assassiné par les Allemands le 30 août 1944, « alors qu’ils accomplissaient une mission dangereuse », ce qui peut laisser penser qu’ils combattaient ensemble.
Cela ne semble pas être le cas, puisqu’Edmond Féron a en réalité était fusillé par les Allemands à Camelin le 1er septembre 1944.
🇺🇸 C’est d’ailleurs à cette date que notre village a été libéré par les Américains.
Le sacrifice des deux résistants a donc eu lieu durant les dernières heures de l’Occupation…
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🇫🇷 UN HOMMAGE À UN HÉROS DE L’OMBRE
C’est donc pour rendre hommage à ce héros de l’ombre qu’Autreville a renommé la rue où il est tombé pour notre pays en son nom.
🕯️ Demain, ayons tous une pensée pour ce jeune homme de seulement 20 ans, 82 ans après ce drame.
Le chemin des Berceaux
📍 Long d’environ 400 mètres, il relie le carrefour des rues Bernard Lefèvre et Auguste Rousselle au Chemin Vert. Aujourd’hui, il fait pleinement partie de la vie de notre commune : on y trouve notamment le cimetière, et il accueille chaque année, au mois de mai, notre traditionnelle brocante.
👀 Mais saviez-vous que ce chemin porte un nom chargé d’histoire ? Son origine est bien plus surprenante qu’il n’y paraît…
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🗺️ DU CHEMIN DE PRÉMONTRÉ AU CHEMIN DES BERCEAUX
🏡 Avant de devenir une rue comme les autres, cet endroit était un lieu-dit, appelé « la Rue des Berceaux ».
📖 Mais il avait auparavant un autre nom : le Chemin de Prémontré.
🧭 Cette appellation s’explique assez facilement : le chemin se trouvait autrefois sur l’itinéraire reliant Chauny à Prémontré.
🤔 Mais alors… pourquoi « les Berceaux » ? Voilà où l’histoire devient particulièrement intéressante !
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🏹 DES BERCEAUX… QUI N’ONT RIEN À VOIR AVEC LES BÉBÉS !
👶 Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, le nom Berceaux ne fait pas référence aux lits des tout-petits !
📜 Il proviendrait d’un ancien terme, « bersagliers », qui désignait les habitations des personnes chargées des chasses royales.
🌳 Et cette explication prend tout son sens lorsque l’on se replonge dans l’histoire de notre territoire, autrefois largement couvert de forêts…
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🌲 AUTREVILLE AU CŒUR DE L’ANCIENNE FORÊT DE COUCY
🌿 La proximité d’Autreville avec la forêt de Coucy-Basse n’est certainement pas étrangère à cette histoire.
🗺️ Car autrefois, la forêt était bien plus étendue qu’aujourd’hui !
📜 Une carte des environs de La Fère datant de 1642 semble montrer la forêt jusque aux portes d’Autreville, avec même Pierremande niché en plein cœur du massif forestier.
🗺️ Une autre carte, représentant le cours de l’Ailette en 1732, confirme cette impression : la « Forest de Coucy et de Follembray » s’étendait jusqu’aux environs de Sinceny et de l’ancienne maladrerie Saint-Lazare, aujourd’hui occupée par l’ancien PromoStock.
🌾 Les terres furent progressivement défrichées jusqu’en 1825, donnant à la forêt domaniale de Coucy-Basse sa configuration actuelle.
🌳 L’ancien bois des Logettes, entre Autreville et Bichancourt, constituait d’ailleurs un vestige de cette immense forêt.
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👑 QUAND LES ROIS CHASSAIENT À QUELQUES KILOMÈTRES D’AUTREVILLE…
🔎 Pour comprendre l’origine possible du Chemin des Berceaux, il faut donc s’intéresser aux chasses royales dans la forêt de Coucy.
🏰 En 1540, François Ier fait construire un château à Folembray afin d’y loger sa suite et ses équipages.
🏹 Grand amateur de chasse à courre, le roi avait été séduit par les lieux et par l’abondance du gibier.
📍 Attention toutefois : il ne s’agit pas du château de Folembray que nous connaissons aujourd’hui, construit en 1859.
🏰 Le bâtiment de François Ier était un pavillon de chasse, édifié à l’emplacement d’un château-fort construit en 1209 par Enguerrand III de Coucy, surnommé « le Bâtisseur ».
🛡️ C’est notamment à lui que l’on doit le célèbre château-fort de Coucy, qui possédait autrefois le plus grand donjon de l’Histoire !
🎨 François Ier fit remplacer l’ancien château par un bâtiment de style Renaissance, dont la conception rappelait notamment celle du château de Villers-Cotterêts.
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🔥 UN PAVILLON ROYAL QUI CONNAÎTRA BIEN DES DESTINS
⚔️ Ce pavillon de chasse devint l’un des lieux préférés du roi… avant d’être incendié en 1552 par les soldats espagnols de Marie d’Autriche, reine de Hongrie et sœur de Charles Quint.
🏰 Il fut ensuite reconstruit par Henri II, qui y séjourna avec Diane de Poitiers.
❤️ Plus tard, Henri IV fréquenta également les lieux, où il aimait se reposer auprès de Gabrielle d’Estrées.
⏳ Après Henri IV, le château ne fut plus utilisé comme résidence royale et fut finalement démoli en 1672.
🧱 Il subsiste toutefois un pan de mur, encore visible aujourd’hui rue de l’Église à Folembray.
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🏹 ET AUTREVILLE DANS TOUT CELA ?
👑 C’est donc sous les règnes de François Ier, Henri II et Henri IV que des chasses royales furent organisées dans la basse forêt de Coucy.
🦌 Il est alors assez logique d’imaginer que du personnel local pouvait être recruté dans les villages environnants, notamment pour rabattre le gibier.
🏡 Des habitations destinées aux personnes employées pour ces chasses ont peut-être ainsi existé autrefois à Autreville…
📜 Mais aucune trace certaine n’en subsiste dans le cadastre de 1829 ni sur la carte d’état-major du milieu du XIXᵉ siècle, où le secteur semble inhabité.
🗺️ On retrouve toutefois le lieu-dit « La Rue des Berceaux », correspondant à l’actuel pâté de maisons situé entre :
➡️ le Chemin des Berceaux
➡️ le Chemin Vert
➡️ la rue de la République
➡️ la rue Paul Desprez
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🏠 UN QUARTIER QUI S’EST PEU À PEU CONSTRUIT
📸 Les photographies aériennes disponibles depuis 1931 montrent qu’à cette époque, le secteur ne comptait encore que quelques maisons.
⏳ Ce nombre restera relativement limité jusqu’à la fin des années 1950.
🏡 Puis, au fil des décennies, de nouvelles habitations sont venues s’installer, jusqu’à donner au quartier l’aspect que nous lui connaissons aujourd’hui.
✨ Ainsi, derrière un nom qui pourrait sembler bien ordinaire se cache peut-être un lien avec une époque où Autreville se trouvait aux portes d’une immense forêt, fréquentée par les équipages et les chasseurs des rois de France.
🌳 Le Chemin des Berceaux porte donc peut-être encore, dans son nom, la mémoire de cette époque lointaine…